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« Big eyes » : un film profondément féministe

23 mars 2015

Le nouveau film de Tim Burton relate l'histoire vraie du couple Keane. Walter Keane, véritable businessman de génie, décide de se charger de vendre les toiles de sa femme. Mais en vendant celles-ci, il s'en attribue l'origine. A la fois victime et complice de ce mensonge Margaret Keane commence petit à petit à dépérir...

« Big eyes » : un film profondément féministe
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Le nouveau film de Tim Burton relate l’histoire vraie du couple Keane. Walter Keane, véritable businessman de génie, décide de se charger de vendre les toiles de sa femme. Mais en vendant celles-ci, il s’en attribue l’origine. A la fois victime et complice de ce mensonge Margaret Keane commence petit à petit à dépérir…

Un film féministe? Oui! Dès le début du film, une voix off fait savoir au spectateur que Margaret Keane quitte son premier mari, avec sa fille sous le bras, et que dans les années cinquante c’est totalement à contre courent de l’époque. Lorsqu’elle veut se trouver un travail, le futur employeur de Margaret lui demande si son mari est en adéquation avec le fait qu’elle travaille. Elle lui répond qu’elle est divorcée et qu’elle n’a plus d’époux, celui-ci ne cache alors ni sa gêne ni sa stupéfaction.  Walter Keane vole les toiles de sa femme car selon lui, les tableaux d’une femme se vendent moins bien que les tableaux d’un homme. Ce qui permet avant tout  cette usurpation, c’est une époque profondément sexiste où la femme est reléguée au foyer et aux taches ménagères et où elle n’a nul droit à la parole.

Tim Burton réussi un fabuleux portrait de femme, mal dans son époque et qui meurt à petit feu car on lui vole une partie d’elle même.

Burton signe un film classique dans son style ; il n’y a pas les codes du cinéma « burtonien » qu’on a l’habitude de voir dans ses films. Hormis une scène, une des meilleures du film, où Margaret Keane fait ses courses dans un supermarché et lorsqu’elle croise le regard des autres clients, elle s’aperçoit stupéfaite qu’ils ont tous des « Big eyes », comme ceux peints sur ses tableaux. Cette scène de démence et de folie illustre parfaitement bien la profonde désespérance de cette femme à qui on vole son âme.

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