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Expérience immersive à l’Atelier des Lumières avec Van Gogh

13 mars 2019

Les toiles de Van Gogh reflètent des aspects très personnels de sa vie et cette intimité s’expose dans une mise en scène envoûtante à l’Atelier des Lumières jusqu’au 31 décembre 2019.

Expérience immersive à l’Atelier des Lumières avec Van Gogh
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Sauts dans les tableaux

Les peintures de Van Gogh sont mouvantes. Sa touche large et dense s’accroche à la toile et attire les regards. Les tournesols tournent dans les vases, les étoiles filent dans le ciel et le peintre vous scrute de ses yeux perçants. Le mouvement est à l’honneur, avec de formidables effets animant des détails des tableaux, comme l’ondulation de l’eau.

À l’entrée, un panneau nous conseille de nous promener, de ne pas rester statique. Ce que je comprends totalement car, selon l’endroit où l’on se place, les projections ne sont pas exactement les mêmes, les zooms sont plus ou moins accentués sur des détails. Profiter de l’exposition demande d’y participer, d’être en mouvement. Malheureusement, beaucoup ne jouent pas le jeu, certains s’allongent carrément par terre, bloqués devant un pan de mur, négligeant les 3 300 m² de superficie.

Côté lumière, la salle tout entière est plongée dans la pénombre, peut-être un peu trop. Les toiles de Van Gogh sont pour certaines également sombres et cela manque de contrastes par moments. Malgré tout, l’atmosphère aide à se concentrer uniquement sur l’exposition et à laisser de côté son quotidien.

Synesthésie

Les toiles projetées nous enveloppent complètement, comme d’immenses vagues prêtes à nous engloutir. Les murs de plusieurs mètres de haut nous contemplent et le sol prend vie sous nos pieds, tangue. Au début, j’ai eu l’impression de tomber, au point de perdre un peu l’équilibre (j’ai facilement le vertige). Heureusement, il y a des bancs disséminés dans la salle – des bouées de sauvetage en somme. Tous nos sens sont mobilisés dans cette expérience, avec avant tout, bien sûr, la vue. Les couleurs nous assaillent, les formes nous encerclent, c’est une immersion à 360°.

Ensuite, il y a l’ouïe. Des morceaux de musique passent et accompagnent les tableaux, chantés ou non. Ne me demandez pas les titres, je n’y connais malheureusement rien. Mais beaucoup de visiteurs utilisaient Shazam et j’imagine que c’est bien pratique. On n’écoute pas que la musique lors d’une exposition. J’ai appris ça à travers la nouvelle de Anaël Solat « Écouter la couleur » dans Écrire au musée (un recueil de nouvelles que je vous conseille) : tendre l’oreille – discrètement – à ce que disent les visiteurs est aussi particulièrement instructif. Les musées sont des lieux de convivialité et c’est agréable de discuter avec des inconnus qui partagent votre amour de l’art.

Tous les effets produits par les sons et projections sont déstabilisants et je ne suis pas habituée à être en manque de repères. J’aime avoir des encarts indiquant les titres des tableaux, les années de réalisation, etc. Cette expérience demande un certain lâcher-prise. De même, il est interdit de prendre des vidéos, et vous vous doutez que les photos ne rendent pas très bien à cause du mouvement des projections. Résultat : on oublie ses réflexes, on se détache de ses écrans et on entre totalement dans l’exposition. Pour ma part, j’ai profité pleinement des films une première fois et suis restée pour la boucle suivante afin de prendre les photos de cet article.

En bonus

À la suite de la projection de Van Gogh, deux autres films sont présentés : l’un sur le Japon rêvé, avec des œuvres comme La Grande Vague de Kanagawa d’Hokusai, et l’autre intitulé « Verse » sur l’infiniment grand et l’infiniment petit. Tous les deux intéressants à regarder, ils n’en demeurent pas moins très éloignés de Van Gogh, mis en avant par l’Atelier.

Vous pouvez télécharger une application gratuite, Van Gogh la nuit étoilée, qui vous donne accès à tous les tableaux présentés, expliqués en podcast d’une minute. Comme les photos, je vous invite à vous pencher sur ses informations après avoir profité de l’expérience.

La boucle complète avec les trois films dure 55 minutes. En achetant vos billets, vous verrez que les horaires sont toutes les trente minutes. Selon l’heure à laquelle vous arrivez, vous ne suivrez pas la boucle dans l’ordre initial. Pas de panique, une fois dans le musée, vous pouvez suivre autant de boucles que vous voulez.

Pour plus de renseignements, rendez-vous sur le site de l’Atelier des Lumières.

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