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Le merveilleux-scientifique s’invite à la BnF

25 mai 2019

Jusqu’au 25 août, vous pouvez découvrir gratuitement les œuvres de fiction nourries par les progrès scientifiques des XIXe et début XXe siècles. Un thème accrocheur, un lieu chargé de bonnes ondes, mais une exposition mal construite selon moi.

Le merveilleux-scientifique s’invite à la BnF
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Une muséographie assez décevante

Je ne m’attendais pas, en arrivant à la BnF, à devoir chercher en vain une salle d’exposition qui n’existait pas. À vrai dire, j’ai d’abord vu un grand panneau sur un mur, et je me suis dit : « C’est la bonne direction, ça doit être sur la droite. » Mais ce ne sont en fait que des salles de lecture. Et en continuant de marcher, j’ai compris que l’exposition était uniquement composée de panneaux placardés sur les murs du couloir.

Conséquence : j’étais un peu de mauvaise humeur. La BnF, c’est avant tout une bibliothèque. Donc forcément, les visiteurs y viennent pour les salles de lecture avant tout. Avec ça, j’y suis allée fin avril, autant dire que des légions d’étudiants se pressaient pour les révisions. Ça fait du bruit, ça récite ses leçons tout haut, ça piétine derrière toi. Je n’ai malheureusement pas réussi à m’immerger dans « l’exposition », étant constamment déconcentrée. J’ai clairement eu l’impression d’être dans les couloirs du métro.

Chaque panneau traite d’un thème. Ils sont plutôt bien faits, très colorés. Des phrases sont mises en exergue, généralement des citations d’écrivains. Il y a également des définitions, une excellente initiative, car les termes scientifiques sont parfois bien obscurs. Les panneaux sont très grands mais ce n’est pas écrit bien gros… Je faisais donc des allers-retours d’avant en arrière pour lire les paragraphes et regarder l’ensemble. Et évidemment, on s’est mutuellement dérangés avec les lecteurs de la bibliothèque. C’était pas la joie, heureusement que l’entrée est gratuite (en même temps, c’est compliqué de payer pour rester dans le couloir).

Pourquoi suis-je allée voir cette exposition ?

Le titre m’avait tout de suite interpelée, lorsque j’ai consulté la newsletter de la BnF. Le merveilleux me parle beaucoup, c’est ce rapport à l’imaginaire, aux contes, toute cette littérature qui a façonné mon parcours de lectrice. L’aspect scientifique m’attire aussi aujourd’hui car je travaille dans une maison qui publie de la pop science, et toutes les occasions sont bonnes pour alimenter mes connaissances. Je connais mal le genre du « merveilleux-scientifique ». Je sais que je ne suis pas fan de science-fiction, mais j’ai appris à apprécier Jules Verne et j’ai récemment lu Frankenstein de Mary Shelley. Je pensais donc en tirer quelques anecdotes, pourquoi pas des idées de lecture.

Et finalement, de quoi ça parle ?

Il s’agit d’un inventaire des œuvres littéraires parues au début du XXe siècle dans le genre, défini en 1909 par Maurice Renard. Ce sont des textes dont les intrigues se déroulent à l’époque contemporaine et qui traitent de thématiques comme le transhumanisme (cf. émission d’Electrons Libres), les nouveaux mondes ou encore le voyage dans le temps. Ce n’était pas des rêveries, mais bien des histoires qui s’appuyaient sur la science pour montrer qu’on peut accomplir tel ou tel exploit. Par exemple, la seconde moitié du XIXe siècle a été marquée par les recherches de Pasteur et notamment l’élaboration des vaccins. Cette effervescence stimule l’imagination des auteurs, comme André Couvreur et son Invasion de macrobes. Le pitch fait sourire aujourd’hui, mais on n’est pas loin de certains thrillers horrifiques récents.

Au-delà d’une incursion plaisante dans des récits vieux d’un siècle, on découvre que certaines craintes liées aux nouvelles technologies et progrès scientifiques n’ont pas bougé. C’est le cas de ce qui est appelé « l’homme artificiel » et qui n’est pas sans rappeler l’intelligence artificielle de notre XXIe siècle. Dans le merveilleux-scientifique, les robots peuvent devenir autonomes, se rebeller contre leurs créateurs humains. Cette perte de contrôle des créatures/objets est évidemment une problématique que nous pourrions rencontrer, d’autant que nous souhaitons leur donner plus d’autonomie. À quand une histoire sur une voiture folle qui décide que les trottinettes électriques sont insupportables et qui leur fonce dessus ?

« Ce que nous réserve l’électricité, Le Petit Inventeur, n°31, 1929

Plus d’infos sur le site de la Bibliothèque nationale de France.

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