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Participer à la création d’une maison d’édition : humenSciences

12 janvier 2019

J’ai la chance de travailler depuis plusieurs mois comme assistante éditoriale dans une maison dont les premières publications sortent ce mois de janvier 2019. Et c’est une aventure unique !

Participer à la création d’une maison d’édition : humenSciences
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humenSciences veut ouvrir les portes des laboratoires. Faire découvrir au grand public les enjeux de demain. Lancer les débats plutôt que les suivre. Ses auteurs, chercheurs les plus en pointe dans leur domaine, étoiles montantes de la recherche et passeurs de science racontent les dernières aventures de la biologie, la physique, la neuropsychologie, la médecine, l’éthologie ou de l’astrophysique.

Des livres déclinés autour des sciences et de la nature. Pour découvrir, décoder, comprendre.

Voilà la ligne éditoriale fixée par Olivia Recasens, directrice de la maison.

Assistante éditoriale, quésaco ?

J’ai pu remarquer que peu de personnes connaissent les métiers de l’édition. On entend souvent des phrases du type : « L’éditeur, c’est celui qui écrit les livres ? » Alors non, ça c’est l’auteur. Par ailleurs, il faut savoir que dans ce milieu, on parle surtout d’éditrices.

Les éditeurs accompagnent les auteurs. En tant qu’assistante éditoriale, je suis chargée de travailler sur les textes et de faire le relais avec les différents services de la maison (fabrication, presse, marketing…), un vrai travail d’équipe. Quand on aime lire, rédiger et faire vibrer sa matière grise, c’est un métier passionnant.

Chez humenSciences, j’ai la chance de travailler sur tous les livres qui sortent. Dès le début du projet, j’étudie les plans proposés par les auteurs, j’en parle avec la directrice. Puis, je lis les premiers jets du manuscrit et enfin la version finale donnée par l’auteur. On fait une préparation de copie, une étape très importante où on fixe le texte, ce sont les dernières remarques que l’auteur reçoit à propos du contenu ou de la structure, ou qu’il propose. Ensuite, le manuscrit part en composition, il est coulé dans la maquette. On obtient des épreuves, c’est le texte quasi définitif mais il manque encore la correction. Après cette dernière, les épreuves sont lues et relues et on finit par donner notre bon à tirer (BAT). Le livre part chez l’imprimeur et sera par la suite distribué en librairie où vous pourrez vous le procurer !

Selfie du livre

En arrivant chez humenSciences, tout était en cours de création. Il a fallu mettre en place un processus de travail et trouver les bons interlocuteurs. C’est une effervescence stimulante, on imagine et on construit une ligne qui devient le visage d’une maison.

Par exemple, le service éditorial (auquel j’appartiens) échange régulièrement avec le service de fabrication. Ce dernier s’occupe de toute la forme : le papier, l’imprimeur, la maquette intérieure, la couverture, etc. La directrice a donc beaucoup travaillé pour voir quelles étaient les meilleures manières de procéder. Le choix du papier a été fait en coordination avec le responsable de la filière noire (c’est-à-dire les livres sans couleurs), de même que la maquette intérieure. On n’en a pas forcément conscience à la lecture, mais tous les détails comptent : la place des folios (le numéro des pages), la police d’écriture, le corps du texte courant et celui des différents niveaux de titre, les notes de bas de page… L’ensemble doit être harmonieux, esthétique, sans être lourd afin que le lecteur se sente à l’aise avec le texte. Il y a toujours des écueils à éviter, comme des marges trop courtes qui empêchent de mettre les pouces, mais ce sont des choix, l’expression d’une subjectivité. La méthode parfaite n’existe pas.

Ce sont des détails que les lecteurs ne remarquent pas toujours, mais qui font partie d’une ligne éditoriale. Tous ces éléments permettent à la maison et à ses collections de se démarquer du reste du marché et de dévoiler leur identité.

Sous la forêt, Francis Martin, humenSciences, 2019

Quand est-ce qu’on biaise ?, Thomas C. Durand, humenSciences, 2019

Promouvoir la pop science

Les sciences peuvent paraître un peu rudes, entre les concepts qu’on ne saisit pas toujours et les termes barbares aux consonances antiques. La vulgarisation est là pour mettre à la portée de tous les recherches scientifiques et leurs résultats. HumenSciences entre dans cette démarche avec des essais à la fois accessibles et précis quant aux connaissances. Les textes sont incarnés par des auteurs qui parlent de leur parcours et glissent pas mal d’anecdotes sur la vie de chercheur, entre obstacles et réussites. C’est aussi l’occasion de présenter les équipes qui travaillent au quotidien pour comprendre notre monde et qui tentent de trouver des solutions à certains problèmes, comme les maladies neurodégénératives. Et voici en exemple les publications de janvier :

Sous la forêt de Francis Martin propose un voyage dans les sous-sols de nos paysages. Si aujourd’hui on a conscience de l’importance capitale des arbres pour la planète, on ignore encore beaucoup celle des champignons. Ces derniers permettent pourtant aux plantes de se nourrir et de se développer.

Quand est-ce qu’on biaise ? En voilà une question impertinente ! Relisez bien le titre et suivez Thomas C. Durand dans un dialogue sans fards entre un professeur de zététique (l’art du doute) et une marionnette à la langue bien pendue. Un véritable manuel pour apprendre à faire preuve d’esprit critique.

Fouloscopie explore les comportements de la foule et des piétons. Mehdi Moussaïd étudie les mécanismes incroyables, parfois mortels, parfois émulateurs, d’une masse d’individus, entre turbulences et intelligence collective.

Le code de l’immortalité retrace le parcours personnel et professionnel de Miroslav Radman. Ce dernier mêle ses récentes découvertes scientifiques à sa vie trépidante. Et ce n’est pas moins que le mécanisme du vieillissement qu’il a percé, nous donnant aujourd’hui des clefs pour vivre plus longtemps en meilleure santé.

 

Cerise sur le gâteau, la maison propose chaque semaine une newsletter préparée par Cogito, une intelligence artificielle.

Vous pouvez retrouver humenSciences sur Facebook, Twitter et Instagram.

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